Gløgg

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Mais c’est quoi ce Gløgg?
Non, ce n’est pas une erreur de prononciation, une faute de frappe, ni même une version viking du grog - cette boisson chaude à base de rhum et de citron destinée à lutter contre les rhumes. Qu’on l’écrive Gløgg au Danemark, Glögg en Suède ou simplement Glogg, cette boisson est la version nordique du vin chaud. Une version plus élaborée et plus raffinée remplie d’épices, traditionnellement bue pendant les fêtes de fin d’année qui évoque les soirées d’hiver, les feux de cheminée et qu’on a tout de suite envie de partager avec des amis. Un vin chaud scandinave qui doit être servi d’une façon bien particulière. Pas de bâton de cannelle ou de rondelle d’orange dans le verre comme on peut le voir quelques fois, mais des amandes coupées en bâtonnets et des raisins secs qui auront trempés dans du rhum ou de l’eau si on a peur du trop d’alcool (personnellement, je préfère le rhum). Tout ça donne une sorte de boisson-dessert super réconfortante.

C’est l’enfant n°2 qui nous a fait découvrir cette version danoise du vin chaud. Elle fait partie des traditions de Noël et des milliers de souvenirs incroyables qu’elle a rapporté de son séjour d’un an au Danemark. Un an au pays du design, du hygge, de Mads Mikklesen (quand même) et de Viggo Mortensen (aussi), qui lui a permis de découvrir une autre façon de vivre et de rencontrer sa deuxième famille. Une expérience géniale dont on profite par ricochet, qui donne encore plus envie d’aller découvrir ce pays et qui nous permet d’adopter de nouvelles traditions.

Alors oui, les fêtes de fin d’année sont déjà bien derrière nous, mais l’hiver lui, n’est pas encore terminé et on pourrait encore avoir besoin de se réchauffer un peu non? Alors un petit Gløgg ça peut toujours servir. Sinon, comme la préparation peut se conserver jusqu’à un an on peu aussi se dire qu’on la prépare juste un peu l’avance pour Noël prochain. Facile de trouver une excuse quoi.

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Côté ingrédients, c’est vrai que la liste est un peu longue mais pas de panique, ça vaut vraiment la peine question saveurs et comme la préparation est vraiment super simple à réaliser, ça s’équilibre bien je trouve. Et quand on pense que cette recette permet de faire 1,2 l de préparation à mélanger avec 2 à 4 fois son volume de vin, ça fait pas mal des vins chauds et de soirées entre amis ou encore de super petits cadeaux à offrir. Enfin que des bonnes raisons d’adopter le Gløgg.
Pour finir, cette version du Gløgg vient directement de la famille danoise de l’enfant, alors bien sûr qu’il doit en exister une multitude de variations mais je peux garantir son authenticité et franchement, elle est particulièrement bonne. Merci Birgitte!

Oh et puis comme c’était trop dommage de les jeter, je me suis amusée à récupérer les fruits de la préparation pour en faire une petite confiture et ça marche super bien. La recette de la confiture Gløgg va donc atterrir très bientôt ici aussi.

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Le Gløgg

Donne 1,2 l de préparation à mélanger à du vin rouge léger pour
La préparation pour Gløgg se mélange avec 2 à 4 fois son volume en vin selon l’intensité de saveur désirée, soit pour la totalité de la préparation 2,5 l à 5 l de vin.

• 100 ml d’eau de vie (schnaps, kirsch…)
• 150 ml de rhum brun
• 600 ml de Porto
• 300 ml de jus d’orange frais
• 200 g de sucre
• 200 g de cassonade
• 1 gousse de vanille
• 1/2 c. à café de noix de muscade râpées
• 4 bâtons de cannelle
• 20 clous de girofle
• 10 gousses de cardamome
• 1 c. à café de 4 épices
• 5 Étoiles de badiane (anis étoilé)
• 10 grains de poivre noir
• 25 g de gingembre en tranches
• 2 oranges non traitées coupées en tranches
• 1 citron non traité coupé en tranches

Pour servir

• vin rouge léger - compter 2 à 4 volume de vin pour 1 volume de préparation épicée
• amandes en bâtonnets
• raisins secs trempés dans du rhum

Ouvrir la gousse de vanille, en récupérer les grains et les mélanger aux sucres.
Mettre toutes les épices, les sucres et le jus d’orange dans une grande casserole et faire cuire jusqu’à ce que le sucre soit complètement dissous. Laisser cuire 3 à 4 minutes puis éteindre le feu.
Ajouter les alcools, les oranges et le citrons puis éteindre le feu.
Mettre le tout dans un grand contenant, en verre de préférence, fermer et laisser reposer 3 semaines ou plus.

Au bout de 3 semaines, filtrer la préparation et mettre en bouteilles.
Conserver dans un endroit sombre et frais jusqu’à 1 an.

Pour servir, mélanger 1 volume de la préparation pour Gløgg avec 2 à 4 volumes de vin au goût et faire chauffer doucement sans porter à ébullition.
Verser dans les verres. Ajouter quelques raisins secs et des amandes en bâtonnets.

Personnellement, je mélange 1 volume de préparation avec 3 volumes de vin.
Si on manque de temps, on peut réduire le temps de repos de la préparation à 1 semaine, mais les saveurs seront moins développées.

images : n.v.quelques-choses

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La liqueur de myrte

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La liqueur de myrte, c'est comme les fenughjetti, les canistrelli et quelques petites autres choses typiquement corses, un souvenir qui remonte à loin (ha, la petite myrte du soir avant de sortir), une saveur indissociable de l'île de beauté. Avec son petit goût bien particulier qui peut faire penser à un remède de grand-mère à certain - je ne citerai personne mais on me l'a déjà dit- la liqueur de myrte est pour moi, LA liqueur corse. D'ailleurs quand on parle de la liqueur de myrte on dit plutôt LA myrte.


Mais c’est quoi cette baie?
Le myrte - a ne pas confondre avec le myrrhe qui est un arbre dont la résine appelée aussi myrrhe, permet de faire de l'encens comme celui apporté par un des roi mages - est un arbuste, très présent en Méditerranée, dont les petites baies ressemblent pas mal à des myrtilles.
On produit une huile essentielle remplie de propriétés (anti-infectieuse, immunostimulante, expectorante... ) avec le myrte, quand aux baies, si elles ne peuvent pas être consommées telles quelles, sauf peut être par les merles qui paraît-il en raffolent (ma grand-mère achetait d'ailleurs souvent du pâté de merle aux myrtes vraiment délicieux), on peut en faire des confitures, en ajouter dans des plats, en faire de la liqueur ou en parfumer du vin (pas mal non plus le vin de myrte).

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Comme les baies de myrte* se ramassent de la fin de l'automne au mois de janvier, je n'ai jamais eu l'occasion de pouvoir en utiliser des fraîches mais j'en rapporte toujours des séchées dans ma valise pour les ajouter dans mes plats mijotés. Coté liqueur je n'avais encore jamais essayé de faire la mienne, j'ai toujours rapporté des bouteilles de myrte faite par les autres. Pourtant, pas besoin d'alambic, c'est vraiment simple à faire la myrte. Il faut juste être patient. Et à part les baies, on peut tout trouver n'importe où.
Bien sûr ça doit être mieux avec des baies fraîches, d'autant plus qu'on peut aussi mélanger baies et feuilles pour la préparer, mais les baies sèches c'est quand même pas mal et puis c'est plus léger dans une valise.
Donc cette année je me suis lancée et je suis super contente.
Mais pourquoi est ce que j'ai attendu si longtemps pour essayer??!!!!

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Voilà, maintenant je peux faire et boire ma petite myrte quand et comme je veux, me sentir un peu en vacances et imaginer le maquis tout près.

Salute!

La liqueur de myrte

• 40 g de baies de myrte sèches
• 750 ml d'eau de vie
• 100 g de sucre
• 150 ml d'eau

Mettre les baies de myrte et l'alcool dans un bocal, fermer et laisser macérer 2-3 mois dans un endroit à l'abris de la lumière.
Lorsque la macération est fini, filtrer le mélange pour enlever le baies. Dissoudre le sucre dans l'eau et chauffer pour obtenir un sirop. Laisser refroidir un peu et ajouter l'alcool.
Mettre le mélange dans une casserole, chauffer et faire flamber 30 secondes.
Couvrir la casserole pour arrêter le feu. Laisser refroidir et mettre en bouteille.

Si on n'est pas patient, on peut ne laisser macérer qu'un mois mais honnêtement, ça vaut la peine d'attendre un peu plus.

Petite précision, la myrte doit être colorée, je ne sais pas avec quoi sont faites celles transparentes que l'on trouve dans le commerce, mais LA liqueur de myrte, celle faite dans les maisons possède une belle couleur allant de l'ambré foncé au "violet" foncé.

images : n.v.quelques-choses 

* Si vous n’avez pas la possibilité d’aller en Corse pour en rapporter votre petit sachet de myrte, vous pouvez toujours vous en procurer ici.

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Hibiscus d'hiver

Quand j'entends le mot hibiscus, je m'imagine sous les tropiques entourée d'oiseaux de paradis. Je ne sais pas pourquoi quand je pense chaleur et tropiques je pense oiseaux de paradis.

Enfin, en ce moment côté températures on est plutôt loin des tropiques, du coup, en plus de mes multiples tasses de thé quotidiennes, j'ai très souvent envie de tisanes. J'en ai même fait une sorte de mini cure pendant les fêtes histoire de lutter contre rhume persistant. 

Les fleurs d'hibiscus - appelées aussi karkadé, bissap, ou oseille de Guinée - sont vraiment surprenantes avec leur petit goût acidulé. Elles permettent de faire une boisson super rafraîchissante appelée elle aussi le bissap* (au Sénégal si je ne me trompe pas) idéale quand il fait bien chaud et peuvent entrer dans la préparation de confitures, de sirops et de certains plats, comme par exemple les super Tacos de Flor de Jamaica que l'on peut manger à La Tamalera, un petit restaurant mexicain trop bon pas loin de chez moi.
Pourtant, mon coup de foudre pour les fleurs d'hibiscus, je l'ai eu en plein hiver il y a quelques années en buvant une infusion bien chaude couleur rubis au goût très particulier, un peu acidulée et légèrement épicée (la tisane maison de l'ancien café Esperanza devenu aujourd'hui le Cagibi). J'ai mis un peu de temps à découvrir ce qui lui donnait ce petit goût et sa couleur mais depuis que je le sais, je traque les boissons à l'hibiscus (d'ailleurs, j'adore celle ).
Cet hiver, j'ai enfin fait ma version de cette tisane, mon petit hibiscus d'hiver. Et comme en plus d'être délicieux, l'hibiscus Sabdrifa (la variété comestible certainement la plus connue) aurait des propriétés antiseptiques, diurétiques et permettrait de calmer la toux, je crois que je n'ai pas fini d'en boire hiver comme été...

Un dernier truc, il existe autour de 30 000 variétés d'hibiscus qui bien sûr ne sont malheureusement pas tous comestibles, alors si l'envie vous prend de vous jeter sur les fleurs qui pourraient se trouver dans votre jardin il vaut mieux éviter.
À Montréal, j'achète mes fleurs d'hibiscus chez Anatol mais si vous avez d'autres adresses je suis preneuse.

Infusion d'hibicus - hibiscus d'hiver

• 2 poignées de fleurs d'hibiscus (2 c. à soupe)
• 1 L d'eau
• 1 baton de cannelle
• 1 à 2 cm de gingembre
• miel pour sucrer

Faire bouillir l'eau, y ajouter les fleurs d'hibiscus, le gingembre pelée et coupé en morceaux et la cannelle. Laisser infuser quelques minutes.
Ajouter le miel selon le goût (personnellement je n'en mets pas).
Boire chaud.

On peut aussi ajouter le jus d'un citron et/ou d'une orange et mélanger juste avant de servir.

* Pour le bissap, il suffit de faire infuser les fleurs quelques minutes dans de l'eau chaude ou toute la nuit dans de l'eau froide et de boire bien frais et très sucré (j'avoue, moi je ne sucre pas) en y ajoutant de la menthe ou du gingembre selon l'envie.

 

images : n.v. quelques-choses

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Spritz!

Ah!! le Spritz. La moustache n'avait pas arrêté de m'en parler il y a quelques années après un passage à Venise. Il ne jurait que par le Spritz et passait son temps à la recherche d'Aperol (j'exagère à peine).
Pour la petite histoire, le Spritz est né dans la région de Venise vers 1800 lorsqu'elle était sous domination autrichienne. Les autrichiens trouvant que les vins de la région étaient un peu trop forts pour eux, demandaient à ce que leur verre de vin soit allongé d'eau ou d'eau de Seltz (ils demandaient à ce que l'on gicle un peu d'eau fraîche : Spritzen = gicler).
Cet été le Spritz est réapparu, avec sa belle couleur orange, ses bulles délicates et son léger goût amer. Et j'avoue que moi aussi j'ai succombé à son appel. Il faut dire que c'est assez difficile de résister quand un ami (merci Luc) vous prépare quotidiennement un petit verre à l'apéro.

Pour cette boisson, il faut avant tout de l'Aperol (un apéritif italien à base de gentiane et d'orange) on peut aussi utiliser du Campari mais c'est un peu plus amer, personnellement j'aime moins, du Prosseco ou un vin pétillant, de l'eau pétillante (ça fait beaucoup de pétillant mais c'est bon et je préfère le mot pétillant à gazeux), une orange et des glaçons. 
Je sais qu'on est officiellement en automne mais ce week-end, j'ai eu envie de faire un dernier petit clin d'oeil à l'été et aux vacances et puis je me dis qu'avec son bel orange, le Spritz pourra peut être aussi accompagner l'arrivée des citrouilles et des feuilles...

Pour les proportions j'ai demandé à notre pro du Spritz de cet été et voilà.
À la votre!.

Le Spritz de Luc

• 1/10 d'APEROL
• 2/10 eau pétillante
• 7/10 vin pétillant PROSECO ou de Crémant
• 1 tranche fine d'orange
• des glaçons

Habituellement on sert le Spritz dans un verre à vin mais faites comme vous voulez.

Tendance Spritz oblige, voilà 2 jolis livres parus récemment sur ce petit cocktail :
 Spritz : l'aperitivo culte de Talia Baiocchi et Leslie Pariseau, Spritz Remix par Thomas Feller, 

images : n.v. quelques-choses

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